Texte de la conférence de Presse du Premier ministre du 1er septembre 2005

Seul le prononcé fait foi

Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux de vous retrouver à l'occasion de cette conférence de presse de rentrée. C'est un moment important pour tous les Français, souvent un moment difficile aussi où les inquiétudes sont plus vives et les attentes plus fortes.

C'est pour moi l'occasion de vous présenter avec 8 jours d'avance le premier bilan que je tire de mes 100 jours à Matignon et de vous expliquer les étapes futures de mon action.

En trois mois, le gouvernement a mis sur pied un plan d'urgence pour l'emploi qui doit nous permettre de venir à bout du chômage de masse dans notre pays.

  Comme je m'y étais engagé dans mon discours de politique générale, tous les instruments de ce plan sont aujourd'hui disponibles :

Le contrat nouvelles embauches et le suivi de la recherche d'emploi sont en place depuis le début du mois d'août.
Le chèque emploi TPE et la prime de 1 000 euros pour les chômeurs de longue durée bénéficiaires de minima sociaux qui reprennent un emploi entreront en vigueur demain.

  Après les bons résultats du mois de juillet, les résultats du mois d'août vont dans le même sens. Ce sont autant de nouvelles qui doivent nous encourager à poursuivre notre effort :

Le nombre de demandeurs d'emploi a baissé en juillet de 25 000, après 35 000 en juin, soit 60 000 au total : avec ce résultat, nous sommes repassés en dessous de la barre des 10% de chômeurs.
Les 57 000 jeunes chômeurs de longue durée auront tous été reçus avant la fin septembre par l'ANPE : plus de 60% ont débouché sur une offre d'emploi, un contrat en alternance ou en emploi aidé.
Enfin, d'après les premières estimations, 30 000 contrats nouvelles embauches environ ont été conclus en un mois : c'est un succès, c'est aussi la preuve que ce nouveau contrat à durée indéterminée, qui comporte des protections supplémentaires, est attractif pour les employeurs comme pour les salariés. Nous devons maintenant nous assurer que les titulaires ne rencontreront pas de difficulté en matière d'accès au logement ou aux services bancaires. Le gouvernement s'y emploiera, notamment en veillant à ce qu'ils puissent bénéficier des dispositifs LOCAPASS.

  Ces résultats sont la preuve que nous pouvons gagner la bataille de l'emploi :

Ensemble, avec les petites et les grandes entreprises, avec les partenaires sociaux, avec les responsables de l'ANPE, avec les agents de l'UNEDIC, avec les responsables du ministère du travail que je rencontrerai la semaine prochaine, nous y travaillerons.
Avec le Président de la République, c'est un objectif collectif que je fixe à notre pays.

Mon Gouvernement a également pris les mesures nécessaires pour accompagner les secteurs en difficulté et préparer l'avenir :

  Le nouveau Comité interministériel à la compétitivité des territoires nous permettra de mieux accompagner les mutations économiques :

Il encouragera les secteurs qui souffrent de difficultés conjoncturelles ou de problèmes d'adaptation, mais qui ont tous les moyens de rester compétitifs : je pense aux secteurs du bois ou du cuir par exemple. J'ai demandé aux préfets de recenser dans leur région les industries qui pourraient avoir besoin d'un soutien spécifique, afin de les aider dans leur stratégie de montée en gamme et le cas échéant de redéploiement.
Jean-Louis BORLOO, Gérard LARCHER et François LOOS se sont déplacés la semaine dernière à Romans pour rencontrer les salariés des usines Kélian et Charles Jourdan. Ils se sont assurés que chacun se voit proposer un dispositif de reclassement personnalisé. Les salariés qui ont consacré leur temps, leur travail, leur motivation à une entreprise doivent bénéficier d'une nouvelle chance avec l'appui du service public de l'emploi.

  Des choix clairs ont été faits pour préparer l'avenir :

La création des pôles de compétitivité nous donnera les moyens de participer avec les meilleurs atouts au développement de l'économie de la connaissance. Ils seront appuyés par une loi ambitieuse sur la recherche.
L'investissement sera encouragé grâce au plafonnement effectif de la taxe professionnelle à 3,5% de la valeur ajoutée pour toutes les entreprises.
La montée en puissance de l'allègement des charges sociales sur les bas salaires accompagnera l'effort de compétitivité de nos entreprises en leur permettant d'embaucher et de produire à un meilleur coût.
Enfin la transposition de la directive européenne sur les OPA donnera à nos entreprises les instruments nécessaires pour réagir à armes égales à toute tentative de rachat hostile.

Ces premières décisions ont montré aux Français qu'il était possible de renouer avec la confiance et de reprendre notre avenir en main.

  Je mesure bien les craintes de notre pays :

La rapidité des évolutions internationales en Inde ou en Chine par exemple, les incertitudes européennes, les difficultés de la vie de tous les jours, pour se loger en particulier, les questions sur le rôle de l'Etat et des services publics, alimentent les peurs et la tentation du repli sur soi.
Mais je le vois dans mes déplacements : il existe aussi une vraie conscience des atouts de notre pays et de la chance qu'il peut représenter pour chacun d'entre nous.
  A partir de ce constat, nous avons le choix :
Soit nous considérons que tout est trop difficile et qu'il vaut mieux attendre 2007 pour nous lancer dans des réformes profondes : mais les Français peuvent-ils vraiment attendre deux ans pour vivre dans une société plus juste et plus ouverte ?
Soit nous faisons le choix de l'action et de l'intérêt général : c'est celui de mon gouvernement. Car j'en suis convaincu : nous avons les moyens de construire une modernité française, nous avons les moyens de remettre notre modèle social d'aplomb.

C'est pourquoi je veux maintenant ouvrir la deuxième étape de mon action à la tête du gouvernement, en la plaçant sous le signe de la croissance sociale.

  En trois mois j'ai beaucoup consulté, beaucoup écouté.

J'ai naturellement travaillé en étroite concertation avec les représentants de la majorité, les présidents des Assemblées et des groupes parlementaires, le président de l'UMP Nicolas SARKOZY.
J'ai tenu à recevoir en début de semaine tous les responsables des partis politiques disposant d'un groupe parlementaire : car je suis convaincu que la responsabilité politique ne peut s'exercer que sereinement et collectivement, en restant ouvert aux propositions de chacun.
J'ai également eu des contacts avec des représentants syndicaux et patronaux : nous devons approfondir ces échanges, pour étudier ensemble les moyens de redonner son sens et sa vitalité à notre modèle social. J'invite aussi les partenaires sociaux à poursuivre les négociations qu'ils ont engagées, je pense en particulier à la question des seniors et de l'égalité des

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