Ouvrir une franchise est un cheminement long qui passe par de nombreuses étapes clés, indispensables à la pérennité de votre projet. De l’intérêt pour ce modèle économique florissant à la concrétisation et l’ouverture d’un point de vente ou d’une agence, il n’y a pas qu’un pas. Rassurez-vous, faire son entrée en franchise est un processus bien cadré.
1) Prendre conscience des sacrifices nécessaires pour avoir une franchise
Tout d’abord il est important de se demander si vous avez bien cerné le modèle de la franchise. Car bien que la franchise constitue une belle opportunité de développement, il ne faut pas oublier que c’est avant tout un contrat dont vous devrez respecter les clauses (non-concurrence, exclusivité territoriale…) et un projet auquel vous accorderez beaucoup de votre temps et dans lequel il faudra s’investir totalement pour le faire réussir.
2) Estimer la faisabilité du projet
Vous êtes-vous demandé si vous étiez fait pour être franchisé ? Quelles sont vos atouts et vos faiblesses ? Avez-vous les compétences et aptitudes nécessaires pour devenir un entrepreneur capable de gérer tous les aspects de votre projet : technique, managérial, commercial, administratif et plus encore ? En franchise, une première expérience dans le secteur d’activité concerné n’est pas indispensable mais vivement recommandée.
3) Choisir son type de franchise et son secteur d’activité
Dans quel secteur d’activité souhaitez-vous entreprendre ? Restauration, grande distribution, services à la personne, alimentaire, services aux entreprise, automobile… la franchise couvrant à peu près tous les secteurs, il est essentiel de choisir un marché porteur (et une franchise rentable, par la même occasion).
Pensez donc à suivre les actualités, les chiffres et les analyses du secteur que vous visez. Par ailleurs, selon vos capacités financières et le nombre de personnes que vous pouvez gérer, il vous sera possible de restreindre le choix de secteurs potentiels. Vous pouvez également vous rendre dans des manifestations telles que le salon de la Franchise à Paris pour échanger avec des franchiseurs ou des franchisés en activité.
Enfin, il conviendra de faire un choix entre les différents types de franchises qui existent :
- franchise de distribution ;
- franchise de service ;
- franchise industrielle.
4) Réaliser une étude de marché
Il est temps de faire votre étude de marché car il est essentiel de savoir dans quoi vous vous lancez. Bien que le franchiseur soit tenu de vous communiquer un état du marché local, il est préférable que vous meniez votre propre étude. Plus détaillée qu’un simple état, l’étude de marché vous informe sur vos clients potentiels et leurs attentes, la concurrence… C’est elle qui vous permettra de vérifier la pertinence et l’intérêt commercial de votre projet.
5) Étudier scrupuleusement son DIP
Pour choisir votre franchiseur, il faut évaluer ce qu’il va vous offrir en contrepartie de ce que vous allez investir. Le Document d’Information Précontractuel (DIP) vous offrira de précieuses informations à propos du réseau et vous sera transmis au minimum 20 jours avant la signature du contrat de franchise, comme le stipule la Loi Doubin. En cas de besoin, faites-vous assister par un avocat, un expert-comptable ou un consultant spécialisé pour en comprendre chaque aspect.
N’hésitez pas non plus à rentrer en contact avec plusieurs franchisés (anciens et nouveaux) pour en apprendre sur leurs expériences respectives. Un bon franchiseur doit être capable de faire évoluer son concept, transmettre son savoir-faire, veiller à développer son réseau et vous assister durant toutes les étapes de votre projet.
6) Dresser un business plan qui tienne la route
On s’attaque désormais au volet financement. À cette étape, vous devrez démontrer la viabilité de votre projet. Vous aurez donc à établir le plan de financement et le compte de résultat prévisionnel prouvant l’équilibre financier prévisionnel de votre société. Le plan de financement détaille vos ressources et les emplois que vous en ferez.
7) Chercher des sources de financement
De façon générale, quel que soit votre projet et l’organisme financier auquel vous avez fait appel, on ne financera que 50 à 75 % du montant de l’investissement global afin de limiter les risques pour les deux côtés. Si le sujet du financement et des banques n’est pas votre point fort, il est recommandé de confier votre projet à une société de conseil ou à un courtier en financement professionnel. En complément, vous pouvez toujours tenter le lancement d’une campagne de crowdfunding (financement participatif) ou encore solliciter de la love money (l’argent de vos proches) pour vous aider à financer votre projet.
8) Chercher et aménager un local
On passe désormais à la recherche du local que vous devrez choisir, entre autres, en fonction du taux de fréquentation de l’endroit et des emplacements de la concurrence. Certains réseaux proposent de vous accompagner dans cette phase de votre projet car ce n’est pas chose facile de trouver l’emplacement idéal. Avant d’opter pour un local, il faut évaluer ses avantages et ses contraintes. Vous n’aurez pas besoin de la même surface de vente si vous ouvrez une boulangerie, un centre de services auto, un salon de coiffure, etc. Examinez attentivement l’approche que les franchisés déjà dans le réseau ont adopté, vous pourrez vous en inspirer.
9) Signer le contrat de franchise
Maintenant que vous avez votre contrat de franchise entre les mains et que vous vous apprêtez à le signer, faites très attention à ses différentes clauses. Notons que le contrat de franchise n’est soumis à aucun encadrement juridique spécifique et est assimilable à un contrat commercial classique. Il devra mentionner les obligations de chacune des parties : franchiseur et franchisé. Enfin, il est préférable d’étudier le contrat en détail en faisant appel à un spécialiste tel qu’un avocat spécialisé, un consultant ou un expert-comptable. Ne signez le document que lorsque vous en aurez maîtrisé tous les tenants et les aboutissants.
10) Choisir son statut juridique
Le franchisé étant juridiquement indépendant de son franchiseur, ce premier devra créer sa société et en choisir le statut juridique. SARL, EURL, SA, SAS… Son choix dépendra de l’investissement, du nombre de ses associés, de ses perspectives de développement… Le mieux est de faire appel à un expert juridique pour faire le meilleur choix.