Financement et franchise : Ce qu’il faut savoir !

  • Créé le : 15/03/2019
  • Modifé le : 13/03/2019

Apport personnel, prêt bancaire et subventions, le trio classique du financement d’une création d’entreprise en franchise est là ! Mais avant de partir à la pêche aux financements, encore faut-il savoir de combien on a besoin. Comment évalue-t-on ses besoins financiers ? Quelles sont les sources de financement classiques et moins classiques ? Quelques réponses.

Franchise = des besoins de financement supérieurs

Créer une entreprise, et à plus forte raison une entreprise en franchise, demande de l’argent, parfois même beaucoup d’argent !

Ainsi, selon les résultats de la 15e enquête annuelle de la franchise réalisée par Banque Populaire / Fédération Française de la Franchise en 2018, le montant de l’investissement pour la création d’une franchise oscille entre moins de 50.000€ à plus de 500.000€. Respectivement, 33% des franchisés interrogés par cette enquête ont investi moins de 50.000€, 25% entre 50 et 100.000€, 15% entre 100 et 200.000€, 21% entre 200 et 500.000€, et 6% plus de 500.000€.

Généralement, une entreprise sous enseigne réclame plus de capitaux que sans enseigne. Pourquoi ? Pour 3 raisons essentiellement :

Un franchisé doit s’acquitter d’un droit d’entrée

Pour avoir le droit d’exploiter un concept en franchise, un franchisé doit s’acquitter d’un droit d’entrée. Cette redevance initiale vient rémunérer le franchiseur pour tout le travail de conception, de formalisation et de test du concept. Elle couvre également les frais de la formation des nouveaux franchisés et compense le manque à gagner de l’enseigne quand elle concède des zones d’exclusivité que, du coup, elle ne peut plus exploiter par elle-même.

Un franchisé doit se plier aux exigences du concept

Un concept de franchise est réputé s’inscrire dans la « réitération du succès ». Pour assurer à ses franchisés des chiffres d’affaires à la hauteur de ceux réalisés dans le cadre du test en unité pilote, chaque point de vente franchisé doit respecter des exigences minimales. Ces exigences sont notamment un emplacement N°1, une surface minimum, un agencement aux couleurs de l’enseigne, des horaires d’ouverture élargis, etc. Toutes ces exigences renchérissent le coût d’installation mais aussi les coûts de fonctionnement après création. En effet, un local en emplacement N°1 va coûter plus cher en loyer et en charges. Des horaires élargis impliquent de recruter plus de salariés pour permettre le tournus des jours de congés.

Un franchisé doit s’acquitter de redevances de fonctionnement

En signant un contrat de franchise, le franchiseur s’engage à fournir des services à ses franchisés en échange de redevances de fonctionnement (aussi appelées royalties). Ces redevances sont le plus souvent calculées sur la base d’un pourcentage du chiffre d’affaires réalisé. Elles ont pour objectif de financer le droit d’utilisation du concept et de la marque, mais aussi l’accompagnement des franchisés, la recherche & développement de nouveaux produits ou services, l’assistance juridique, l’assistance informatique, etc.

Compte tenu de tous ces éléments qui sont propres à la franchise, ouvrir un point de vente en franchise coûte plus cher qu’en solo. Bien évidemment, ces frais en plus doivent être prévus dans le cadre du calcul de besoins en financement.

Comment évaluer ses besoins de financement ?

Pour évaluer ses besoins de financement le plus précisément possible, il faut d’abord se soumettre à l’exercice du business plan. A quoi sert le business plan ? A vérifier la faisabilité de la création d’entreprise.

Le business plan se compose en premier lieu d’une étude de marché qui a pour objectif de cerner le potentiel du concept en général (pertinence du produit, demande client) et le potentiel du concept localement (typologie de la clientèle locale, récurrence de consommation, état de la concurrence directe et indirecte). Pour établir cette étude de marché, le franchisé peut s’appuyer notamment sur les données communiquées par son réseau. Légalement, le franchiseur est en effet dans l’obligation de proposer à ses futurs franchisés une première approche sous la forme d’un état général du marché et d’un état local du marché dans le cadre de la remise du Document d’Informations Précontractuel (DIP). Si ces documents obligatoires sont précieux, ils ne sont pas suffisants. En effet, il est de la responsabilité du franchisé de réaliser son étude de marché. Pour cela, il doit récolter toutes les informations disponibles sur la zone de chalandise du futur point de vente et les croiser avec le potentiel du produit/service proposé par l’enseigne. L’analyse de la concurrence complète les données chiffrées.

A l’issue de l’étude de marché, le futur franchisé doit être capable d’estimer son futur chiffre d’affaires selon 3 hypothèses : basse, médiane, et haute.

En parallèle, le franchisé doit lister et estimer les coûts de ses charges (loyer+charges, besoins en salariés, assurances, amortissement de l’achat du matériel, etc). Il intègre également dans les charges les frais d’aménagement du local, les royalties et les frais de communication, les frais de conseils, les frais de bail, etc. Le projet est jugé rentable dès lors que les rentrées dépassent les dépenses.

Comme on le voit l’estimation des besoins se construit sur un ensemble de données à récolter auprès de nombreux acteurs privés (agence de géromarketing, expert comptable, etc) et institutionnels (CCI, organisations professionnelles, etc). Plus le dossier du business plan est étoffé et réaliste, plus il va convaincre les banques du sérieux du projet.

La rédaction vous recommande de lire la suite de cette fiche pratique : Comment financer sa création d’entreprise en franchise ?

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