Les dessous d'un label

Les chaînes spécialisées de lingerie dont l'enseigne Orcanta mènent la vie dure aux détaillants de lingerie indépendants. Ces derniers réagissent en s'appuyant sur le lancement d'un label de qualité intitulé Les Lingeries de France.

Les détaillants de lingerie perdent du terrain face à la concurrence des enseignes nationales depuis le début des années 1990 : leur part de marché sur se secteur a été divisée par deux en moins de 15 ans. Ils n'ont même pas profité de la progression en 2003 du marché de la lingerie féminine en France...

Il faut dire que la consommatrice trouve de la lingerie partout aujourd'hui : dans les hypermarchés, dans les catalogues de VPC, dans les magasins de prêt-à-porter qui de plus en plus ont un rayon lingerie. Ces magasins lancent parfois leur propre enseigne de lingerie tels Etam, Cannelle ou récemment Jennyfer... Sans parler des multimarques comme Orcanta dont l'offre ressemble à s'y méprendre à celle des petits détaillants.

Comment s'y retrouver devant cette offre pléthorique ? Peut-être grâce au label créé par la Chambre nationale des détaillants en lingerie en association avec 13 célèbres marques de dessous féminins (Anita, Antinéa, Aubade, Barbara, Chantelle, Empreinte, Huit, Lou-Boléro, Lejaby, Lise Charmel, Ringella, Simone Pérèle, Triumph).

Ces fabricants semblent nier que leur engagement tend à contrecarrer la montée en puissance des chaînes spécialisées. Ils préfèrent parler de redynamisation des boutiques qui vendent leurs produits.

Ils espèrent par ce label participer à la mise en valeur de leur savoir-faire mais également soutenir des indépendants parfois isolés sur leur marché.

Concrètement, les partenaires fabricants de lingerie vont financer le projet, y apporter leur soutien commercial et publicitaire. Ils vont certainement lancer une campagne de communication spécifique. Ils vont également former leur commerciaux sur le sujet afin qu'ils soient le relais sur le terrain de ce label.

Celui-ci fonctionnera un peu comme les étoiles du Michelin ou la certification ISO de certaines entreprises. Il sera un gage de qualité pour le consommateur et pourra être un objectif à atteindre pour le détaillant qui ne l'a pas encore.

Il prendra la forme d'un panonceau apposé sur la vitrine de la boutique labelisée, un logo de reconnaissance des magasins de lingerie de qualité.

La qualité du point de vente sera évaluée par un client mystère indépendant qui déterminera si la boutique respecte une charte pré-établie. Seuls les distributeurs disposant de moins de 4 magasins pourront être labelisés afin d'éviter les chaînes.

La chambre nationale des détaillants de lingerie est le maître d'oeuvre de ce projet dont le but est de fédérer en 2004 300 boutiques sur les 3000 indépendants français. A terme, le nouveau "réseau" pourrait réunir 1000 professionnels.

NDLR : Mais cela semble insuffisant pour brider les chaînes.

Vu dans le "Journal du Textile" (n°1776 du 26 janvier 2004)   

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  • Crée le: 09/03/04 01:00

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