Gérer des dizaines de logements en location courte durée, c’est jongler du matin au soir : tarifs, annonces, réservations, ménages, propriétaires à rassurer. Plus le portefeuille grossit, plus il faut d’équipes pour suivre. Yes Conciergerie, fondée à Tignes par Johan Van Hengel et présente à travers 33 conciergeries franchisées sur quatre continents, veut changer cette équation. Son pari : une « conciergerie augmentée », où l’intelligence artificielle prend en charge les tâches de coulisses pour que chaque franchisé gère davantage de logements avec les mêmes équipes. Prochaine étape début 2027.

Yes Conciergerie, équipe disponible

Un « Cockpit » qui travaille en continu

Au cœur du dispositif, le « Cockpit » du réseau exécute neuf tâches automatiques en permanence. Il capte les candidatures issues des publicités et des portails de franchise, relance les rendez-vous, prévient les équipes, suit les échéances, récupère chaque jour les avis Google et trie les boîtes mail des franchisés. Il repère même quand une source de contacts s’interrompt.

Sur trente jours, l’outil a mené plus de 3 400 opérations sans intervention humaine : 502 candidatures enregistrées, 1 137 actions consignées dans les dossiers, 1 562 alertes envoyées, 182 rappels d’échéances, 64 relances de rendez-vous et 27 études de marché préparées pour des candidats. Selon l’enseigne, cela libère déjà près de 90 heures par mois au siège, soit plus d’un mi-temps. À côté, l’IA agit aussi sur la tarification dynamique, la rédaction de contenus et l’optimisation des annonces.

Début 2027, tout le parc connecté

Aujourd’hui, doubler son portefeuille oblige souvent à renforcer la coordination, le suivi et l’administratif. Le réseau Yes Conciergerie veut distendre ce lien entre croissance et effectifs. Les premiers franchisés pilotes ont connecté leur logiciel de réservation au Cockpit, qui centralise les réservations de leurs 61 logements et les avis des voyageurs : 117 arrivées enregistrées en trente jours, 50 livrets d’accueil numériques en service.

D’ici début 2027, le parc des 33 franchisés doit être entièrement raccordé, dans un contexte de croissance annoncée à plus de 100 % par an. Le réseau avance par ailleurs une hausse des revenus supérieure à 20 % chez les propriétaires accompagnés. Pour 2027, 20 nouveaux agents sont prévus : de véritables copilotes, capables par exemple de signaler un logement dont le taux d’occupation baisse ou d’identifier les prospects à relancer.

L’humain reste sur le terrain

Une IA peut conseiller de vendre une nuit 187 euros plutôt que 160. Elle ne se déplace pas quand la chaudière lâche et ne voit pas un logement se dégrader. Le modèle repose donc sur des entrepreneurs locaux, chacun intervenant dans un rayon de 30 minutes autour de son lieu d’activité. Ce choix peut freiner l’expansion, mais il favorise la réactivité.

Pour Johan Van Hengel, les dix heures gagnées chaque semaine grâce à l’IA doivent servir à rencontrer les propriétaires, contrôler les logements et mieux accueillir les voyageurs. L’enseigne veut que la technologie rende ses conciergeries plus humaines, et non l’inverse.

Un nouveau terrain de différenciation

Le marché reste très fragmenté, composé de nombreuses petites structures locales. Yes Conciergerie estime que la différence se jouera de moins en moins sur le nombre de logements gérés que sur l’infrastructure technologique. Le réseau décline d’ailleurs son offre avec des services dédiés, comme Yes Excursions et Yes Direct Booking.

Pour un candidat à la franchise, le message est clair : on rejoint une équipe locale, mais avec la puissance opérationnelle d’une structure bien plus grande derrière soi.