Après vingt ans dans la grande distribution, Dorothée Demory a pris la direction de la concession TRYBA d’Arras, dans le Pas-de-Calais. Elle a rejoint son mari Emmanuel, commercial de l’établissement depuis cinq ans. Deux ans après la reprise, l’activité suit le prévisionnel et l’équipe s’étoffe. Leur histoire montre qu’on peut se lancer sans venir de la menuiserie. Il suffit de compétences complémentaires, d’une organisation claire et d’un réseau solide.

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Une succession qui ouvre une perspective inattendue

Quand le dirigeant de la concession prépare sa retraite, il propose à Emmanuel de reprendre l’entreprise. Celui-ci connaît les produits, la clientèle et le fonctionnement des lieux. Mais diriger seul ne l’attire pas : il préfère le contact avec les clients à la gestion administrative.

L’idée prend alors une autre forme : Emmanuel garderait le commerce, et Dorothée prendrait la direction. Elle ne connaît ni la menuiserie ni le chantier, mais elle comprend le fonctionnement d’une entreprise et gardait l’envie d’entreprendre dans un coin de sa tête. Le projet se précise : la concession est proche de leur domicile, leurs deux enfants gardent leurs repères, le cédant les soutient et leur crédit immobilier touche à sa fin.

« Quand il y a un alignement des planètes, à un moment il faut sauter le pas ».

Dorothée Demory

Un an de préparation avant la reprise d’octobre 2024

Le couple consacre près d’un an à préparer la transition : business plan, démarches administratives, commissions d’aides, parcours d’intégration du réseau. Dorothée, qui ne peut pas bénéficier d’une rupture conventionnelle, passe par le dispositif de démission-reconversion, qui sécurise ses revenus pendant la reprise.

Elle découvre le siège et le site de production alsacien, réalise une immersion dans une concession existante, puis suit trois semaines de formation au commerce et aux produits. L’apprentissage technique se poursuit ensuite six mois sur place avec les formateurs, pendant qu’Emmanuel maintient l’activité à Arras. Le métré, qui conditionne la commande, le chantier et la rentabilité, l’inquiétait. Elle le maîtrise aujourd’hui et y a même pris goût.

Chacun son rôle pour entreprendre à deux

Après avoir tenté de tout gérer ensemble, le couple a réparti les missions. Emmanuel garde le commerce et la relation client ; Dorothée assume la direction, la gestion, l’organisation et une bonne part de l’opérationnel. Lors des métrés ou du SAV, elle apporte aussi son œil sur l’entretien, l’organisation de l’espace et l’esthétique.

Une décision prise est respectée, sans arbitrage permanent. Parents de deux enfants, ils veillent aussi à préserver des soirées sans conversation sur le travail. La sœur de Dorothée a rejoint la concession comme assistante.

Une équipe qui grandit, un réseau qui accompagne

Deux ans après, la concession compte une assistante, un second commercial et un poseur. Dorothée préfère une croissance maîtrisée : accepter plus de chantiers suppose de pouvoir les poser proprement. Le couple n’exclut pas de renforcer l’équipe commerciale ou d’ouvrir un second Espace-conseil.

De son côté, le réseau TRYBA apporte des formations (management, vente, gestion, communication), un appui technique et des demandes de particuliers générées par son site internet. Les concessionnaires gardent la main sur le terrain : salons, événements de quartier, avis clients.

« Je me sens maître de mon activité… Je n’ai tout simplement aucun regret, et si c’était à refaire, je repars ».

Dorothée Demory

Pour les commerciaux, managers ou cadres tentés par la reprise, ce parcours rappelle qu’un profil extérieur au bâtiment n’est pas un obstacle : la technique s’acquiert, à condition de rester curieux.