Dans le secteur de l’optique française, dominé par sept groupes qui captent 70% d’un marché de 9 milliards d’euros annuels, le réseau Yes Eye adopte une stratégie atypique. Fondée au Mans en août 2016 par Monita Mok, ancien salarié des grandes chaînes d’optique, l’enseigne a pris le temps de construire méthodiquement son réseau avant d’envisager le développement franchisé. Avec l’ouverture de sa huitième boutique à Tours le 25 août 2026, le réseau franchit une étape symbolique : celle de la maturité suffisante pour recruter des franchisés. Cette approche prudente, qui privilégie la validation du concept sur une décennie complète avant d’ouvrir aux partenaires externes, mérite l’attention des candidats à la franchise. Elle témoigne d’une volonté de solidité plutôt que de croissance précipitée, un gage de sérieux dans un secteur hautement concurrentiel où l’ancrage local constitue l’un des rares avantages face aux mastodontes nationaux.

Une expansion méthodique qui rassure les futurs franchisés
Le parcours de Yes Eye illustre une approche de développement particulièrement réfléchie. Depuis l’ouverture du premier magasin avenue François-Mitterrand au Mans en août 2016, le réseau a maintenu un rythme d’expansion régulier d’environ une boutique tous les dix-huit mois. Cette progression mesurée, financée exclusivement sur la croissance de l’activité sans recours à l’endettement massif, démontre la viabilité économique du modèle.
Les huit points de vente se répartissent stratégiquement en Sarthe (quatre magasins), Ille-et-Vilaine, Mayenne, Orne et désormais Indre-et-Loire avec Tours. Cette implantation géographique révèle une stratégie classique mais efficace : construire d’abord une densité et une notoriété départementale avant d’essaimer dans les territoires limitrophes.
Pour un candidat à la franchise, cette trajectoire offre plusieurs garanties. Elle prouve que le concept fonctionne dans différentes configurations urbaines, du centre-ville (Le Mans, Rennes, Laval, Alençon, Tours) aux zones universitaires et périphériques (quartier Université du Mans, Sargé-lès-le-Mans) jusqu’aux petites villes comme Vaas. L’enseigne a également testé différents modes de gestion, notamment la cogérance à Rennes, préfigurant la relation franchiseur-franchisé.
Un positionnement différenciant dans un marché concentré
Face aux géants Optic 2000, Krys ou Alain Afflelou qui structurent un parc de plus de 13 000 magasins en France, Yes Eye ne peut rivaliser sur la puissance d’achat mais mise sur deux leviers stratégiques. D’abord, l’ancrage local et l’indépendance, revendiqués comme une alternative aux chaînes nationales. Ensuite, un positionnement prix agressif : des montures de grandes marques vendues moins cher que la concurrence.
Cette proposition de valeur, maintenue depuis 2016, s’enrichit désormais d’une offre de services élargie incluant examens de vue, adaptation de lentilles et téléconsultation ophtalmologique.
Pour les candidats franchisés, le défi sera de taille : intégrer un réseau jeune, encore en construction, dans un marché où les sept premiers groupes réalisent 70% du chiffre d’affaires selon l’étude Xerfi de septembre 2025. Mais c’est précisément dans les 30% restants que se nichent les opportunités. L’enseigne est ouverte à des candidatures sur toute la France métropolitaine, bien qu’historiquement implantée dans l’Ouest.