Le leader français des services à la personne, développant notamment les réseaux Les Bienveillants, La Compagnie des Lavandières et Les Petits Bilingues, entame une nouvelle phase dans son expansion. Oui Care vient en en effet d’annoncer sa toute première implantation en Suisse, avec le rachat de quatre sociétés de soins et d’accompagnement à domicile. Ces structures sont réparties entre les cantons de Vaud, Genève, Neuchâtel et Fribourg. Le groupe y voit le socle d’une future plateforme nationale, à bâtir sur les cinq prochaines années. Une nouvelle étape dans sa stratégie européenne, portée par la croissance externe.

Quatre sociétés aux métiers complémentaires
L’opération porte sur quatre entités aux activités distinctes. AMAD Homecare, installée dans le canton de Vaud, assure une prise en charge à domicile jour et nuit, sept jours sur sept. La Solution (Saraï) propose des soins à domicile, médicalisés ou non, ainsi que de l’assistance à la personne. AMAD Homecare La Côte, anciennement Qualis Vita et basée à Nyon, couvre les soins généraux, les services haut de gamme et l’accompagnement en santé mentale. Enfin, Proxy Service met du personnel de santé à disposition des cliniques, des établissements médico-sociaux et des centres médicaux.
Réunies, ces sociétés forment l’un des principaux groupes privés de soins et de services à domicile de Suisse romande. Leur rapprochement date de 2023, à l’initiative du groupe lausannois Après-Demain, entré au capital de La Solution en 2019. Cette intégration avait permis de mutualiser les organisations et de renforcer les synergies. Après-Demain cède aujourd’hui ses parts, aux côtés de l’entrepreneur Mourade Djaouti.
Un groupe français qui joue dans la cour des grands
Oui Care revendique 25 000 collaborateurs, 900 agences en France et treize marques tournées vers les particuliers, auxquelles s’ajoutent trois marques destinées aux entreprises. Son réseau dépasse désormais les 1 000 agences réparties dans six pays, et il a mené plus de 70 opérations de croissance externe en huit ans. L’accompagnement du grand âge, de la perte d’autonomie et du handicap pèse déjà environ 35 % de son activité, un domaine où la Suisse affiche des besoins en hausse.
Une ambition nationale à quatre ou cinq ans
Pour Oui Care, ce premier pas n’a rien d’une fin en soi. Le groupe compte bâtir progressivement une présence à l’échelle du pays, en ouvrant de nouvelles agences, en développant les sociétés rachetées et en réalisant d’autres acquisitions auprès d’entrepreneurs qui partagent ses valeurs. Il mobilisera pour cela son expérience du développement territorial, avec d’éventuelles synergies entre ses différentes marques.
Ce qui a convaincu l’acquéreur, c’est la culture entrepreneuriale de ces sociétés, leur connaissance du terrain et leur conception exigeante du soin. Mourade Djaouti reste engagé auprès des équipes et réinvestit au capital, un signal de continuité sur la durée du projet. Guillaume Richard, PDG fondateur du groupe Oui Care, y voit une marche de plus vers l’ambition du groupe : devenir leader mondial du secteur à l’horizon 2035, tout en préservant la singularité de chaque structure reprise.
Un secteur en pleine consolidation
Cette annonce illustre un mouvement de fond : les services à la personne se structurent autour de groupes capables d’investir, d’acquérir et de s’implanter à l’international. Le modèle suisse, où le domicile occupe une place centrale et où soins et accompagnement s’articulent étroitement, fait écho à la vision de l’autonomie défendue par Oui Care. Les proches aidants y jouent aussi un rôle important.
L’opération a été financée en partie par une dette d’acquisition souscrite auprès de Banque Migros. Pour les porteurs de projet et les observateurs du secteur, le message est clair : la demande de maintien à domicile ne faiblit pas, et les acteurs établis misent sur la croissance externe pour y répondre.