Née en 1970 dans le Nord de la France, Norauto a bâti sa réputation sur une idée simple : réunir un atelier et un magasin sous un même toit. Plus d’un demi-siècle plus tard, l’enseigne du groupe Mobivia vise 500 centres d’ici 2035. Pour y parvenir, elle mise surtout sur des indépendants en reconversion, tout en composant avec une pénurie de mécaniciens. L’arrivée du véhicule électrique et le renouvellement de ses franchisés historiques s’ajoutent à ces chantiers. Tour d’horizon d’un réseau en pleine mutation.

De l’atelier-magasin à la franchise
C’est Éric Derville, cousin de la famille Mulliez, qui lance Norauto en 1970, en s’inspirant d’un modèle américain. Le premier centre ouvre à Englos, puis le concept gagne l’Espagne, l’Italie et le Portugal.
Le véritable tournant vers la franchise intervient en 2003, avec le rachat du réseau Maxauto. Ses centres basculent progressivement sous enseigne Norauto à partir de 2011. Aujourd’hui, une dizaine d’ouvertures sont réalisées chaque année, sur des surfaces de 500 à 700 m² situées près des zones commerciales. La franchise reste concentrée sur la France.
Des reconvertis avant tout
Selon Thibaut Castro-Delannoy, responsable du développement franchise, le réseau attire surtout des indépendants en reconversion, souvent dans le cadre de projets familiaux. Il cherche des commerçants de proximité et des gestionnaires capables de piloter une équipe. Aucune compétence en mécanique n’est exigée : une formation initiale de quatre mois précède l’ouverture.
Arnaud de la Tourasse illustre ce parcours. Franchisé depuis huit ans, il exploite avec son épouse deux centres, à Montaigu (Vendée) et à Vallet (Loire-Atlantique). À l’approche de la quarantaine, il voulait s’appuyer sur une enseigne qui fonctionnait déjà.
Arnaud Manuguerra, installé dans la Drôme, incarne une autre facette : ancien libraire, puis franchisé Midas pendant treize ans, il est resté dans la famille Mobivia. Environ un franchisé Norauto sur cinq détient d’ailleurs aussi un centre Midas.
Recrutement et électrique : deux défis majeurs
Les franchisés le répètent : leur métier relève davantage de la gestion que de la mécanique. Animer un atelier, suivre les stocks, fédérer une équipe, tout cela exige de la polyvalence. Or recruter devient difficile. Arnaud Manuguerra constate qu’autrefois les candidats se pressaient, alors qu’aujourd’hui c’est l’inverse, et que les jeunes mécaniciens restent rarement plus de trois ans.
L’électrification du parc automobile pèse aussi sur le réseau. Les candidats à la franchise abordent systématiquement le sujet. Norauto développe donc un nouveau poste, celui de technicien habilité électrique, chargé des diagnostics et du remplacement de certains équipements. L’enseigne avance également sur la RSE : des audits internes sont menés depuis deux ans, et quinze centres ont déjà obtenu le label « Commerçants responsables ».
Un accompagnement calqué sur les succursales
Chaque animateur régional supervise une trentaine de centres et les visite tous les mois. Les nouveautés sont d’abord testées dans les succursales avant d’être déployées chez les franchisés, comme les étiquettes électroniques, installées progressivement depuis trois ans. La vie du réseau repose aussi sur deux réunions régionales par an, une rencontre nationale et une convention festive tous les deux ans.
Chiffres clés et cap vers 2035
Ouvrir un centre demande environ 150 000 euros d’apport, pour un investissement global de 550 000 à 650 000 euros. Le chiffre d’affaires moyen atteint 1.8 million d’euros HT, avec de fortes variations : de 900 000 euros pour les plus petits à 4 millions pour les plus importants. Le niveau cible est généralement atteint entre la deuxième et la troisième année. Un franchisé sur quatre exploite plusieurs centres.
Pour atteindre ses 500 centres, Norauto cible en priorité la Bretagne, la façade atlantique et le bassin landais. Reste un défi : la moyenne d’âge des franchisés tourne autour de 50 ans, avec quinze ans d’ancienneté. De nombreux départs à la retraite se profilent. Une personne est désormais dédiée à l’accompagnement des cédants et des repreneurs.