Après huit années d’exploitation, le restaurant pionnier de Père & Fish situé à Paris vient de subir une métamorphose complète. Cette rénovation constitue le signal d’une nouvelle ambition pour cette enseigne spécialisée dans les fish burgers premium. Sous la direction d’Antony Giordano et Alexandre Rafaitin, désormais seuls aux commandes opérationnelles aux côtés de l’actionnaire majoritaire Green Bull entré au capital en 2023, Père & Fish amorce un virage stratégique majeur. Le restaurant parisien, qui génère près de 900 k€ de chiffre d’affaires annuel, devient le vaisseau amiral d’un réseau qui compte déjà trois franchisés à Lyon, Annecy et Mérignac, ces deux derniers ayant ouvert en juin et juillet. Cette transformation globale, orchestrée par l’agence Nash & Young avec un univers inspiré des fast-foods californiens des années 1980, témoigne d’une volonté claire : structurer l’enseigne pour un développement franchisé ambitieux mais maîtrisé, tirant les enseignements d’une première phase d’expansion qui avait notamment vu la fermeture du point de vente de Lille pendant la crise sanitaire.

Une identité de marque repensée pour séduire franchisés et consommateurs
La refonte visuelle de l’enseigne est un travail de fond qui avait commencé avant même le lancement officiel de la franchise en 2023. L’agence Nash & Young a conçu un univers graphique mêlant couleurs franches, références au surf et mise en scène des initiales PF, créant ainsi une identité solaire et reconnaissable. Cette nouvelle charte, déjà déployée dans les restaurants franchisés d’Annecy et de Mérignac, offre une cohérence visuelle essentielle pour construire une image de marque nationale.
Au-delà de l’esthétique, l’enseigne a également affiné son positionnement produit tout en restant fidèle à son ADN. Le poisson représente toujours près de 90% du mix produit, avec le lieu noir certifié MSC pané sur place comme matière première principale des burgers, du fish & chips et des nuggets. Les meilleures ventes demeurent le burger Cheddar, l’Aïoli et l’Écossais.
Pour élargir son attractivité sans dénaturer son concept, le réseau Père & Fish a intégré une gamme poulet comprenant burgers, tenders et salade, répondant ainsi aux attentes des groupes et des clients ne consommant pas de poisson. L’innovation reste au cœur de la stratégie, comme en témoigne le lancement prévu début octobre d’un Sushi Burger à 13.90 €, produit d’animation destiné à mobiliser une communauté de plus de 700 000 followers sur les réseaux sociaux.
Un modèle économique solide pour un développement sélectif
Les performances du restaurant parisien et les résultats encourageants en province constituent des arguments de poids pour convaincre de futurs franchisés. Avec un ticket moyen d’environ 19 € en centre-ville et 23 € en centre commercial, l’enseigne a trouvé un équilibre entre positionnement premium et accessibilité tarifaire dans un marché très concurrentiel.
Les barquettes de poisson blanc frit ou de tataki de thon, proposées entre 10,90 € et 12,90 €, représentent la réponse de l’enseigne à la tendance « crousty », même si leur taux de prise reste limité. Le réseau s’appuie actuellement sur deux succursales en propre à Paris et Plan de Campagne près de Marseille, cette dernière servant de laboratoire pour tester le concept en zone commerciale.
Les trois partenaires franchisés de Lyon, Annecy et Mérignac permettent déjà d’envisager l’avenir avec confiance : des projets sont à l’étude à Genève et Lausanne, tandis qu’une ouverture est programmée à Angers en 2027 et que des discussions sont engagées dans d’autres villes. Toutefois, les dirigeants affichent une volonté de prudence, privilégiant les emplacements de centre-ville et des franchisés capables de porter durablement le concept. Cette approche sélective, fruit des enseignements tirés des années précédentes, vise à garantir la pérennité du réseau et la satisfaction de partenaires franchisés exigeants.