Le réseau Laforêt ne veut plus être cantonné à l’immobilier généraliste. En 2026, il lance Laforêt Collection, une marque à part entière consacrée aux biens patrimoniaux et de caractère. Après un premier test au Touquet, une adresse parisienne a ouvert ses portes en septembre, en plein cœur du 6e arrondissement. Le groupe annonce cinq à dix ouvertures par an et vise une clientèle premium, sans pour autant basculer dans le luxe. Voici comment le concept s’organise et ce qu’il attend de ses futurs franchisés.

Logo Laforêt Collection

Une signature plus raffinée, mais l’ADN Laforêt conservé

Située au 38 rue de Vaugirard, face au Sénat et au jardin du Luxembourg, la nouvelle agence reprend les codes visuels du réseau : façade bleue et logo en forme d’arbre. Elle y ajoute la mention « Collection », des dorures et des finitions haut de gamme. Garder le nom Laforêt est un choix assumé : selon Yann Jéhanno, président du réseau, la notoriété de l’enseigne rassure autant les vendeurs que les acquéreurs. Il rappelle que l’immobilier haut de gamme représente environ 40 000 transactions par an, alimentées en grande partie par les transmissions de patrimoine. C’est ce segment que Laforêt veut séduire, et non celui du luxe.

Paris, un premier succès après le test du Touquet

Ouverte depuis septembre, l’adresse parisienne a déjà vendu des biens allant jusqu’à 2.6 millions d’euros. Un résultat qui a du poids pour ses exploitants, Grégoire Parcollet et Maritxu Pantaleon, deux anciens architectes. Ils ont repris une agence Laforêt installée depuis vingt-trois ans, qui n’avait jamais décroché de mandat supérieur à 2 millions d’euros. Le franchisé évoque un véritable plafond de verre, que l’ancien positionnement ne permettait pas de franchir.

Avant Paris, la formule a été éprouvée au Touquet, début 2026. Cette première agence a servi à ajuster l’accueil, le storytelling et l’ensemble du concept avant son déploiement. Six ouvertures sont désormais en cours, à Paris, Saint-Cloud et Biarritz, et devraient aboutir d’ici trois mois.

Des professionnels ancrés localement et une formation de quatre semaines

Laforêt Collection recherche en priorité des professionnels déjà implantés sur leur territoire, capables de s’appuyer sur leur connaissance du marché. Grégoire Parcollet en est l’illustration : né dans le quartier, où sa famille vit depuis un siècle, il peut aussi compter sur sa formation d’architecte pour répondre aux questions de rénovation.

Cette double compétence est précieuse, car la moitié de sa clientèle vient pour une succession. Les vendeurs posent des questions très concrètes sur la transmission, et l’accompagnement comporte aussi une part psychologique. Il a ainsi géré une vente impliquant huit héritiers aux situations très différentes, où il fallait savoir s’adresser à chacun.

Pour préparer les équipes, le réseau a conçu un cursus de quatre semaines. Il aborde le bâtiment et les spécificités des immeubles anciens, l’architecture, les codes du premium, mais aussi l’off market, les visites privées et les aspects juridiques. L’objectif : savoir cerner un client, adapter la relation commerciale et raconter l’histoire d’un logement et de son quartier.

Un investissement de 70 000 à 150 000 euros

Une étude de géomarketing a identifié 74 villes et territoires à potentiel. Au-delà de Paris et de sa région, le réseau cible les stations balnéaires comme Biarritz ou Deauville, les villes patrimoniales telles qu’Angers et les destinations de montagne comme Chamonix.

Côté budget, l’aménagement de l’agence, la création de l’activité et la trésorerie représentent entre 70 000 et 150 000 euros, selon les territoires. Laforêt entend aussi s’ouvrir à des profils venus de l’hôtellerie, de l’art ou de l’architecture, en leur donnant les moyens de s’imposer sur ce marché spécifique. Avec cinq à dix agences par an en ligne de mire, le réseau dit privilégier la qualité des partenaires, de la ville d’implantation et des équipes plutôt que la vitesse.