Quitter la sécurité d’un grand groupe de distribution pour devenir chef d’entreprise à 27 ans : voilà le pari audacieux d’Aurélien Haas, nouveau propriétaire de l’Intermarché de Belleville-sur-Meuse depuis le 1er juillet. Ce Verdunois illustre parfaitement la nouvelle génération d’entrepreneurs qui choisissent la franchise comme tremplin vers l’indépendance. Après plusieurs années passées chez Carrefour, où il a occupé des postes de direction à Bordeaux et Chambéry, effectué une mission au Brésil et travaillé sur le développement des modèles commerciaux au siège, ce diplômé de l’EDHEC a franchi le cap en février 2025. Son choix s’est porté sur le réseau Intermarché, séduit par ses valeurs de proximité. Mais au-delà du profil, c’est surtout son projet qui retient l’attention : une rénovation complète prévue début 2027 pour repositionner ce magasin créé en 1982 face à une concurrence verdunoise particulièrement dense.

Logo Intermarché

De cadre dirigeant à adhérent franchisé : une reconversion stratégique

Le parcours d’Aurélien Haas révèle une préparation minutieuse avant le grand saut entrepreneurial. Loin d’être une décision impulsive, sa transition vers la franchise s’appuie sur une solide expérience opérationnelle acquise au sein d’un acteur majeur de la distribution. Direction de points de vente, pilotage d’animations commerciales, immersion internationale au Brésil sur les cartes professionnelles : autant d’expériences qui lui ont permis de maîtriser les rouages de la grande distribution avant de se lancer. Cette approche méthodique illustre l’évolution du profil des franchisés, de plus en plus jeunes et qualifiés, qui voient dans la franchise un équilibre entre autonomie entrepreneuriale et sécurité d’un réseau structuré.

Le choix d’Intermarché n’est pas anodin : l’enseigne mise sur le concept de « producteur et commerçant », offrant une différenciation claire face aux hard-discounters. Après avoir quitté Carrefour en février 2025, le jeune entrepreneur a suivi la formation d’adhérent Intermarché, étape indispensable pour s’approprier les codes et méthodes du réseau. Cette période d’apprentissage, bien que courte, constitue un investissement crucial pour réussir sa reconversion et gérer efficacement une équipe de 49 salariés, soit 34 équivalents temps plein.

Un projet de modernisation sans impact tarifaire

Début 2027, l’Intermarché de Belleville-sur-Meuse entrera dans une phase de transformation radicale avec un chantier de remodeling. Cette rénovation d’envergure, qui s’étalera sur six à huit mois sans fermeture totale, vise à appliquer le nouveau concept Intermarché en recentrant l’offre sur les produits frais : fruits et légumes, charcuterie, boucherie et poissonnerie retrouveront une place centrale dans le parcours client. L’objectif est double : valoriser le savoir-faire maison tout en améliorant la lisibilité des rayons grâce à de nouveaux meubles et matériaux.

Une allée promotionnelle renforcée répondra aux préoccupations croissantes de pouvoir d’achat. À l’extérieur, la façade sera entièrement refaite et le parking agrandi grâce à la démolition de la maison attenante, créant une continuité avec le parking du McDonald’s voisin.

Face aux interrogations légitimes sur l’impact financier de ces travaux, Aurélien Haas a affirmé que les prix ne changeront pas. Un engagement fort dans un contexte concurrentiel tendu, où le magasin doit composer avec hypermarchés et discounters. Cette stratégie de modernisation sans répercussion tarifaire témoigne d’une vision à long terme, privilégiant la fidélisation et l’expérience client plutôt que la rentabilité immédiate.