Après le test concluant de Calais en octobre 2025, le groupe QSRP franchit une étape décisive dans le déploiement de son concept bi-marque O’Tacos et G La Dalle. Fin septembre 2026, un restaurant combinant les deux enseignes ouvrira au 3 rue Louis-Malle à Trégueux, dans la zone commerciale de Brézillet près de Saint-Brieuc. Cette ouverture marque un tournant : il s’agit de la première fois qu’un franchisé déjà en activité, et non le groupe lui-même, porte ce format innovant. Le porteur du projet exploite déjà l’O’Tacos de Langueux, à quelques kilomètres de là. Son choix d’adopter ce double concept révèle une réalité économique qui intéresse tout candidat à la franchise : comment développer son portefeuille sans multiplier les investissements lourds. Avec un objectif de 600 restaurants d’ici 2029, QSRP ne déploie pas ce format par hasard. La validation du modèle à Calais a levé les conditions posées par le groupe : pas de déploiement national sans performance commerciale avérée. Trégueux constitue donc la réponse du marché.

Un modèle bi-marque qui optimise chaque euro investi
L’intérêt du format bi-marque tient en une équation simple : deux enseignes, deux flux de clientèle, une seule structure de coûts. Contrairement à l’ouverture de deux restaurants séparés, le concept O’Tacos plus G La Dalle mutualise l’essentiel des charges fixes. Un seul bail commercial à négocier et à payer, une seule équipe à recruter et à former, une seule cuisine à équiper et à entretenir. La société d’exploitation GLD/OTACOS recrute d’ailleurs en contrats à durée indéterminée de 35 heures pour les deux marques simultanément.
Sur le plan commercial, la complémentarité des deux marques permet de capter des clientèles distinctes et des moments de consommation différents. Le réseau O’Tacos, pionnier du tacos à la française, domine le segment du midi et de la fin de soirée. La franchise G La Dalle, créée en 2014 à Nanterre avec un positionnement halal revendiqué, attire une clientèle burger qui ne serait pas nécessairement venue pour un tacos. Deux paniers moyens, deux pics d’activité, sans doublement des charges : voilà ce qui change fondamentalement l’équation de rentabilité pour un franchisé.
Dans une zone où un Burger King occupe le 2 rue Louis-Malle juste en face et où McDonald’s est également implanté, afficher deux offres différenciées là où les concurrents n’en proposent qu’une constitue un avantage stratégique immédiat.
Le double concept comme accélérateur de multi-franchise
Le franchisé à l’origine de l’ouverture de Trégueux passe du statut de mono-exploitant à celui d’opérateur multi-marques sur le bassin briochin. Traditionnellement, ajouter une enseigne à son portefeuille suppose un nouveau bail, un nouveau recrutement et une nouvelle trésorerie de démarrage. Le double concept efface ces trois barrières d’un coup. Une signature de plus au contrat de franchise, et le franchisé exploite deux marques avec la même infrastructure.
Cette configuration facilite l’accès à ce qu’on appelle la multi-franchise et la plurifranchise : l’empilement de points de vente ou d’enseignes jusqu’à constituer un véritable groupe. Le gérant de Trégueux en gravit le premier barreau avec deux restaurants et deux marques sous sa responsabilité. Le ticket d’entrée relativement accessible des concepts de tacos et kebabs, parmi les plus abordables de la restauration rapide, rend cette stratégie réaliste pour des profils qui n’auraient pas les moyens de multiplier les ouvertures classiques.