Nommée directrice générale de la Maison Yves Thuriès en avril 2026, Florence Lagarde prend la tête d’une enseigne de chocolatier née en 1991 et forte de 80 points de vente. Sa mission n’est pas de bouleverser l’identité de la marque, mais de la prolonger et de la rendre plus lisible auprès du public. Forte d’un profil très orienté retail et relation client, la dirigeante veut mettre en avant ce qui distingue l’enseigne : une maîtrise complète de la filière, de la fève de cacao jusqu’au comptoir. Côté expansion, la franchise reste le principal moteur du réseau.

Un positionnement de chocolatier-récoltant à raconter
La Maison Yves Thuriès possède un atout rare dans son secteur : elle contrôle l’ensemble de sa chaîne de production. Sa chocolaterie est installée à Marssac-sur-Tarn, entre Toulouse et Albi. Elle exploite aussi ses propres plantations de cacao en Équateur et de noisettes dans le Lot-et-Garonne.
Pour Florence Lagarde, cette singularité n’est pas assez exploitée. La marque est connue pour le nom de son fondateur et pour la qualité de ses créations, mais son statut de chocolatier-récoltant reste dans l’ombre. Elle entend donc le faire vivre à travers les produits, la communication et le discours tenu en boutique. Le client qui pousse la porte doit pouvoir découvrir l’histoire qui se cache derrière la gourmandise.
Cette histoire comporte un volet social. Sur ses terres équatoriennes, la maison a mis en place une démarche RSE en faveur des équipes locales : hébergement et repas pris en charge, soutien à l’éducation des enfants et rémunération au-dessus du minimum en vigueur. Florence Lagarde souhaite en faire un véritable argument de marque.
Cap sur 100 boutiques, mais sans course au volume
Le réseau compte aujourd’hui 80 boutiques, réparties entre 60 % de franchises et 40 % de succursales. Florence Lagarde se donne cinq ans pour franchir la barre des 100 points de vente, la franchise restant le principal levier de cette croissance. Elle fixe toutefois une limite claire : pas question d’aller au-delà de 100 points de vente en France, Corse comprise. L’objectif est de conserver un réseau de proximité, proche de ses franchisés, et de soigner la qualité des emplacements. Elle résume sa philosophie ainsi : « chercher davantage la qualité que la quantité ».
Cette ligne s’accompagne d’un souci de rentabilité durable. Florence Lagarde parle de performances stables, avec une cohérence entre les prix, les marges, le mix produit et le récit que la marque souhaite porter.
Les territoires et emplacements visés
Pour préparer cette croissance, l’enseigne a retravaillé sa cartographie afin d’identifier les zones propices, en tenant compte de la taille et de l’attractivité des villes. Le Sud-Ouest, berceau de la marque, est déjà bien couvert. Les opportunités se trouvent donc ailleurs : dans le Sud-Est, en Bretagne, en Normandie, dans le Nord et dans l’Est.
Les emplacements recherchés doivent être de premier ordre, en phase avec l’image de « chocolaterie de quartier » : petites rues commerçantes de centre-ville en priorité, et certains centres commerciaux. Plusieurs boutiques en franchise sont par ailleurs disponibles à la reprise à Bordeaux, Nantes, Clermont-Ferrand, Toulon et Beauvais. Une option intéressante pour les candidats qui préfèrent rejoindre l’enseigne avec une adresse déjà en activité.
Le profil de franchisé recherché
Sur le plan humain, l’enseigne privilégie les entrepreneurs et les commerçants plutôt que les purs investisseurs. Les boutiques affichent une surface de 30 à 40 m², et le modèle fonctionne lorsque le franchisé s’investit lui-même au quotidien, seul ou épaulé par un conseiller de vente. Le goût du contact avec la clientèle et l’envie de parler du produit sont donc déterminants.
Au-delà de l’accueil, la directrice générale attend de ses partenaires une vraie fibre commerciale, notamment pour développer le BtoB. Cela suppose d’aller chercher des clients hors des murs de la boutique. Elle décrit un chef d’entreprise « actif dans sa ville et actif dans sa rue ». Les franchisés déjà en place qui souhaitent ouvrir plusieurs adresses seront, eux, accompagnés dans leurs projets multisites.
Une expansion maîtrisée
En conjuguant continuité de l’identité, valorisation de la filière intégrée et développement raisonné, Florence Lagarde dessine une trajectoire cohérente pour la Maison Yves Thuriès. Pour les futurs franchisés, le profil attendu est sans ambiguïté : Yves Thuriès recrute des commerçants de terrain, capables de s’investir dans un réseau à taille humaine, où la qualité des emplacements passe avant la course au nombre.