Fondé en 2006 sous le nom Point Service Mobiles, Save s’est imposé comme une référence de la réparation de smartphones et tablettes en France. Vingt ans plus tard, l’enseigne présente un visage profondément renouvelé : pivot vers le BtoC, montée en puissance du reconditionné, partenariats avec Apple et Samsung, et un modèle de franchise revu de fond en comble. Rodolphe Surdez, Directeur Général du réseau, dresse un bilan sans concession de cette transformation et détaille les ambitions d’un réseau qui vise 40 ouvertures supplémentaires d’ici fin 2026. Dans un marché où la hausse des prix des appareils neufs pousse de plus en plus de consommateurs vers la réparation et le reconditionné, Save entend bien capitaliser sur deux décennies d’expertise pour se différencier durablement.

Un modèle économique profondément transformé en vingt ans
L’évolution du réseau Save illustre à elle seule la mutation du secteur. À ses débuts, le réseau opérait quasi exclusivement en BtoB et BtoBtoC, via des contrats avec des assureurs. Ce segment ne représente plus aujourd’hui que 20 % du chiffre d’affaires : l’activité s’est massivement réorientée vers le grand public, qui concentre désormais 80 % des revenus du réseau.
Ce virage s’est accompagné d’une montée en gamme sur le reconditionné. Save ne se contente pas de vendre des appareils de seconde main : grâce à ses agréments constructeurs et à son accès aux pièces d’origine Samsung et Apple, le réseau reconditionne des produits proches de l’état neuf, assortis d’une garantie nationale de 24 mois. En cas de problème, le client est pris en charge en moins de deux heures dans l’un des 130 magasins du réseau, ou bénéficie d’un échange. Un positionnement qui rassure, alors qu’un client sur cinq a désormais franchi le pas du reconditionné.
Le point de bascule est significatif : en l’espace de quelques mois, le téléphone reconditionné en BtoC est passé à 50 % du chiffre d’affaires, devant la réparation (40 %) et l’accessoirisation (10 %). Une tendance que Rodolphe Surdez attribue directement à la hausse du coût des réparations, qui pousse les consommateurs à préférer repartir sur un appareil reconditionné avec une garantie complète plutôt que d’engager des frais sur leur téléphone actuel.
Un nouveau contrat de franchise pour accélérer le développement
Pour accompagner cette transformation, Save a revu en profondeur ses conditions d’entrée dans le réseau. L’ancien modèle — 20 000 euros de droits d’entrée par magasin et une redevance de 11 % sur l’ensemble du chiffre d’affaires — ne correspondait plus à la réalité du nouveau positionnement.
Le contrat lancé il y a deux mois réduit les droits d’entrée à 10 000 euros pour le premier point de vente, afin de faciliter l’ouverture d’unités supplémentaires. La redevance sur la partie BtoB reste fixée à 11 %, le franchiseur apportant lui-même ce flux d’affaires. En revanche, sur la partie comptoir BtoC, elle est remplacée par un forfait fixe de 1 000 euros HT par mois, couvrant l’ensemble des outils d’exploitation : ERP dédié à la réparation, logiciel de diagnostic et d’effacement certifié, et outil de gestion des stocks.
Du côté des profils recherchés, la franchise Save a clairement ajusté sa grille de recrutement. La priorité va désormais au savoir-être commercial et à une première expérience en gestion d’entreprise ou en management de point de vente. La maîtrise technique, elle, s’acquiert en formation : 80 % des franchisés actuels ne pratiquent pas eux-mêmes la réparation.
Sur les emplacements, le réseau privilégie le centre-ville, où les loyers sont deux fois moins élevés qu’en centre commercial et les amplitudes horaires plus souples. Save n’exclut pas toutefois un retour progressif en galerie marchande, sous réserve de loyers indexés sur le chiffre d’affaires. L’investissement global pour ouvrir un magasin se situe entre 50 000 et 70 000 euros, pour une surface de 35 à 50 m².
Avec 40 ouvertures visées d’ici fin 2026 et un déploiement international en préparation — Belgique, Allemagne, Suisse, Roumanie et Portugal dans le viseur — Save aborde sa troisième décennie avec des ambitions clairement affichées.