En dix ans, l’électrostimulation s’est fait une place dans le paysage du fitness français, et Iron Bodyfit y est pour beaucoup. Le réseau compte aujourd’hui 265 studios, installés surtout en Europe. Son cofondateur, Hadri Jaffal, assume une méthode à contre-courant : pas de sélection à l’entrée, mais un accompagnement très poussé. Formation continue, présence au téléphone, confiance mutuelle : voici les ressorts de ce modèle.

Iron BodyFit - électrostimulation musculaire

D’un chantier du BTP à l’électrostimulation

Avant de se lancer dans le sport, Hadri Jaffal dirigeait une entreprise du bâtiment. Un univers dont il ne partageait pas les codes. Selon lui, on y gagne de l’argent presque toujours au détriment des autres, en négociant les prix à la baisse auprès des corps de métier présents sur un chantier.

Pris par son activité, il peinait aussi à prendre soin de lui. Ses séances de sport allaient par à-coups : dix jours d’assiduité, puis des mois d’abandon. Un ami, Johan Ghu, lui fait découvrir l’électrostimulation et deviendra plus tard son associé. La promesse a de quoi tenter : une vingtaine de minutes de séance pour un effet comparable à quatre heures de sport classique. Comme la discipline reste rare en France, les deux hommes y voient une opportunité et créent Iron Bodyfit en 2015.

Un studio pilote financé par les proches

Les banques ne croient pas au projet : elles connaissent mal ce marché et refusent de suivre. Les associés se tournent alors vers leur entourage. Prêts et dons de proches leur permettent de réunir 180 000 euros pour ouvrir un premier studio. Pour le deuxième, ils lèvent 300 000 euros, toujours sans banque, auprès de proches, de clients et même de parents de salariés.

Ce studio pilote s’avère décisif : il prouve que l’électrostimulation peut devenir une activité rentable. En avril 2016, un entrepreneur prend contact avec Hadri Jaffal dans l’idée d’ouvrir un studio sous franchise. Le déclic est là. Le dirigeant y voit un modèle gagnant-gagnant : le franchiseur verse des royalties mensuelles à partir du chiffre d’affaires de ses franchisés, donc il n’a intérêt qu’à une chose, les voir réussir. Pour un studio d’environ 100 m², l’investissement oscille entre 150 000 et 180 000 euros, et l’équilibre est estimé à 132 membres.

Pas de sélection, mais un vrai accompagnement

Le réseau grandit vite, avec une cinquantaine d’ouvertures par an et quarante collaborateurs au siège. Reste à savoir qui peut devenir franchisé. La réponse de Hadri Jaffal surprend : il ne trie pas. Selon lui, l’apparence trompe, et un profil qui semble brillant peut échouer là où un autre, plus discret, s’épanouit. Il a même constaté que les anciens chefs d’entreprise avaient souvent plus de mal à adopter de nouvelles façons de travailler.

Pour compenser cette ouverture, la franchise Iron Bodyfit mise sur la formation. Elle est obligatoire avant l’ouverture et se poursuit ensuite, pour 220 euros par mois. Ce forfait donne accès à des modules de e-learning, mais aussi à des sessions en présentiel, dont les frais de déplacement, de repas et d’hébergement sont pris en charge pour les équipes des studios. L’idée est simple : aucun franchisé ne doit renoncer à se former pour une question d’argent.

Le présentiel, un choix assumé

Le dirigeant se méfie du tout-numérique. Il rappelle qu’on suit rarement une vidéo de bout en bout sans faire autre chose en parallèle. Les sessions en salle viennent donc compléter l’apprentissage en ligne et abordent les bases de l’entrepreneuriat, de la comptabilité, du juridique et de la vente. Une fois par an, un séminaire réunit en outre l’ensemble des équipes pour échanger avec des intervenants extérieurs.

La confiance comme moteur du réseau

Avec 265 studios, la relation avec chaque franchisé demande du temps. Hadri Jaffal le résume : le métier repose sur la confiance. Quand un studio rencontre des difficultés, c’est tout le réseau qui peut se mettre à douter. D’où sa consigne : décrocher son téléphone, rester disponible et accompagner chacun au plus près.

Cette philosophie guide aussi la suite. Déjà présent au Canada et aux États-Unis, Iron Bodyfit cherche de nouveaux master franchisés dans le monde pour poursuivre son expansion.