Boulangerie Feuillette compte au sein de son réseau des franchisés aux trajectoires très différentes. L’un est pâtissier de métier et revient au produit après une parenthèse dans la restauration japonaise. L’autre vient du négoce automobile et se reconvertit à cinquante ans. Tous deux ont ouvert en 2025, chacun aux côtés de son épouse. Voici leurs motivations, leurs difficultés et leurs fiertés.

Alice et Laurent Moerlen - Franchisés Feuillette Sausheim
Alice et Laurent Moerlen – Franchisés Feuillette Sausheim

Ludovic Quenin, le pionnier des Bouches-du-Rhône

Ludovic Quenin entre en pâtisserie à quinze ans et obtient son brevet de maîtrise après dix années d’apprentissage. Il devient chef pâtissier pour plusieurs magasins Casino de la région marseillaise, puis crée un concept de restauration japonaise, un choix de raison plus que de passion. Il revend l’affaire au bout de sept ans, convaincu d’avoir fait le tour du sujet.

C’est devant l’émission Patron incognito, avec Jean-François Feuillette, qu’il découvre l’enseigne. Les produits, la mise en scène et l’expérience client le séduisent, et il voit l’occasion d’être le premier de la région à la porter. Les échanges débutent en 2022, mais les travaux et les autorisations administratives retardent le projet. La boulangerie n’ouvre que le 12 août 2025. En attendant, il retrouve pendant dix-huit mois un laboratoire chez un ami pâtissier.

Un an plus tard, il dirige avec son épouse Ismahen une quarantaine de salariés. Elle gère l’administratif et les ressources humaines, lui la production, les fournisseurs et l’accueil. Sa première vigilance : ne jamais se banaliser, en gardant la qualité artisanale pour priorité. La seconde : le recrutement, nettement plus difficile qu’il y a dix ans. Les clients valident pourtant le pari, avec une note de 4.7 sur 5 pour plus de 1 600 avis. Fréjus et Toulon ont depuis ouvert à leur tour, et le couple envisage déjà une seconde implantation.

Laurent Moerlen, une seconde carrière faite pour être transmise

Pendant vingt-cinq ans, Laurent Moerlen a dirigé avec son épouse Alice une société de négoce automobile. Formé à la comptabilité et à la finance, il a fait de cette entreprise une affaire solide, mais dont il restait le principal atout. En cas de revente, la valeur serait partie avec lui. Le couple cherche alors une nouvelle voie, sans exclure la franchise.

Un ami lui parle de Boulangerie Feuillette. Laurent visite l’établissement de Colmar, séduit, puis y emmène Alice. Le calendrier s’enchaîne : premier contact en janvier 2024, validation par le comité en avril, recherche du local, puis formation de septembre à novembre. La boulangerie de Sausheim, dans le Haut-Rhin, ouvre le 16 juillet 2025 et devient la 93e du réseau en France.

Ses objectifs sont clairs : apprendre un métier qui n’est pas le sien grâce au transfert de savoir-faire, garder la porte ouverte à la multifranchise et constituer une valeur transmissible à l’approche de la retraite. Alice pilote l’accueil et les ventes, Laurent la production, le laboratoire et les fournisseurs.

Il n’édulcore pas les débuts. Pendant six mois, la masse salariale a filé, ce qui a pesé sur le premier résultat, une erreur qu’il ne veut pas reproduire pour le second établissement. L’absentéisme a demandé des mesures. La fatigue a été rude : la première année, le couple démarrait vers quatre heures et finissait parfois à vingt-deux heures, sept jours sur sept. Il tire aujourd’hui sa fierté de son équipe, de la hausse de la fréquentation et de la satisfaction des clients.

Ce que ces deux parcours enseignent

Un pâtissier qui retrouve son produit, un chef d’entreprise qui apprend un nouveau métier : les deux franchisés insistent sur la persévérance, la rigueur de gestion et l’importance de bien s’entourer. Leurs témoignages montrent qu’en franchise, on peut aussi bâtir une valeur qui dure.