Les professionnels du vêtement et le consommateur de demain

Le Journal du textile nous rapporte que réunis en colloque cet été, des professionnels ont réfléchi sur l'évolution de leurs clients et la manière dont ils sont susceptibles d'évoluer dans la prochaine décennie. Nous commentons cette information ci-après.

Le consommateur change : Ainsi le responsable d'un bureau de stylisme constate que la passion du shopping est en perte de vitesse. Il semblerait que l'on veuille désormais donner plus de sens à nos achats de vêtements, l'idée de développement durable tend à se préciser de même que la notion d'origine. Une marque précise par exemple qu'elle travaille avec la dentelle de Caudry ou le lin du Nord de la France. Cela donne du sens au produit, à la marque, à la relation entre la marque et le consommateur sans oublier l'acte d'achat.
Le consommateur aime avoir le choix mais il ne demande par une panoplie trop large de produits, il commence à vouloir des produits éthiques mais surtout peu coûteux, il veut être reconnu mais zappe facilement d'une marque à l'autre… Bref pour plusieurs professionnels présents, le consommateur évolue vers un profil complexe, unique et relié au monde, avec la proximité qui s'impose pour le retenir
Les années 80 ont été celles de l'apparence, dans les années à venir au contraire nous devrions connaître un consommateur de vêtement en recherche à la fois d'authenticité et de technicité. Les circuits de confection deviennent de plus en plus courts et on semble assister à une sorte de désindustrialisation de masse au profit d'une industrie souple et réactive au service de l'individu.

Un espoir pour l'industrie textile en France ?

Ce phénomène est sensé mettre fin à la délocalisation, enfin, presque !!! car il y a un retour vers les matières et la fabrication de type artisanale. Mais est-ce un rêve ? Si la filière sait relever le défi en intégrant des jeunes dans leurs unités de production, elle pourra recréer un dynamisme de la confection à proximité avec les matières « du terroir ». Cela assurerait la conservation d'un savoir-faire qui tendait à s'évanouir. Ainsi à Troyes ou à Roubaix ont été créés des pôles de formation qui pourront fournir la main-d'œoeuvre nécessaire pour prendre la relève.
Mais soyons lucides, la Chine perdra sans doute des parts de marché mais fabriquerons-nous en France, en Tunisie ou en Roumanie ? Nous devons saisir cette chance mais il est clair que l'état aussi doit contribuer au mouvement en baissant le coût de l'emploir industriel en France et en repensant à l'équilibre entre les coûts des produits importés et fabriqués chez nous. Et si on augmentait la TVA pour que les importations prennent en charge une partie du coût de la protection sociale ? Et la CSG pour que les revenus des capitaux ne soient pas moins taxés que les revenus du travail ?
DD et MD
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