Une micro-franchise solidaire

Des cadres devenus consultants indépendants se rattachent à une société de portage. Des retraités complètent leur revenu par une activité complémentaire. Des salariés menacés par des plans sociaux tentent de se mettre à leur compte. Est-ce une bonne solution ou une menace pour la pérennité des entreprises ? 

A l'heure où le chômage continue de progresser, il semble que l'accès à l'emploi passe souvent par la création d'entreprise, faute d'emploi salarié. Le statut d'auto-entrepreneur, mis en place en 2009, facilite la démarche : pas de capital de départ exigé, des charges sociales calculées au prorata du chiffre d'affaires, une activité cumulable avec un emploi salarié, une retraite ou un poste de fonctionnaire, enfin, une inscription réalisée en vingt minutes...

Engouement pour l'auto-entrepreneuriat

L'engouement pour l'auto-entrepreneuriat se reflète dans le nombre d'entreprises créées, mais beaucoup moins dans l'activité produite, ainsi moins  de la moitié des créateurs de 2009 ont déclaré un chiffre d'affaires. Clairement l'auto-entrepreneur est, d'après les études, âgé en moyenne de 44 ans, il a majoritairement choisi les services aux particuliers et aux entreprises, a gagné en moyenne 775 euros net par mois en 2009 selon l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss).
Pour compléter ce statut, le gouvernement a présenté, le 27 janvier, en conseil des ministres, un projet de loi créant l'entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL) grâce auquel les biens personnels des entrepreneurs sont protégés en cas de faillite.
On peut estimer qu'une sorte de révolution sociologique se produit avec près de 600 000 personnes qui se sont mises à leur compte en 2009. Les spécialistes mettent cependant en garde contre un excès d'euphorie. Il se crée une sorte d'illusion permettant en effet de croire que créer une entreprise est facile. Certains consultants expriment bien l'idée que, si l'on peut créer une entreprise en trois clics, il est toujours aussi difficile de trouver le bon positionnement, de vendre, de fidéliser ses clients, de se sentir bien, d'accepter l'échec, etc.
Certains salariés pensent fuir le stress et des conditions de travail insupportables mais lorsqu'on crée sa propre activité cela demande beaucoup d'énergie et de motivation. L'état d'esprit doit être constructif. L'auto-entrepreneur est le plus souvent seul et a choisi ce statut par défaut. Il n'est pas suffisamment préparé, en particulier pour assurer son développement commercial. Si certains pensent encore qu'il s'agit d'une démarche positive et constructive, il semble que le statut d'auto-entrepreneur soit surtout un statut palliant la perception de revenus sociaux et pouvant régler la question de la précarité de certains emplois salariés.
Selon M. Novelli, secrétaire d'Etat aux PME, en 2009 les auto-entrepreneurs ont généré 200 millions d'euros de rentrées fiscales et sociales. Sans ce statut, le même nombre d'entreprises individuelles aurait généré 480 millions d'euros de cotisations sociales. Ce statut a permis de blanchir une part de l'économie grise et  l'Etat semble être largement bénéficiaire.
La crise frappe plus durement ces petits entrepreneurs, aussi l'ADIE (Association pour le droit à l'initiative économique) teste des projets de nouvelles activités de services, qu'elle voudrait proposer "clés en mains" sous la forme de "microfranchises solidaires", avec un accompagnement et un crédit.
Dominique Deslandes

Pour plus d'information, lisez aussi cet article : Pour démarrer pensez au régime de la micro-entreprise 

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Informations clés

  • Crée le: 22/03/10 01:00

Les franchises qui recrutent