Trop de franchises est-il préjudiciable au développement d'une ville?

Jean Samper observateur et acteur de la franchise depuis 1975
Il serait sans doute dommage qu'il y ait partout les mêmes enseignes si le consommateur ne l'exigeait pas ainsi.

Mais c'est le consommateur qui demande des enseignes connues et compétitives dans lesquelles il sait quel est le niveau de prix, l'offre produit, etc... Des enseignes qui font des promesses commerciales claires et qui sont tenues. Cela le rassure et c'est aussi beaucoup plus efficace pour que le commerçant soit compétitif.

Cette réalité est devenue tellement évidente que les chambres de commerce et les municipalités mènent désormais des actions et organisent des salons pour attirer les franchises dont elles ont besoin pour revitaliser un quartier, un centre de ville moyenne, etc... On pense notamment au salon Top Franchise de Marseille * qui est la plus grande réussite de salon régional de la franchise en France et qui est le fruit de la volonté de la CCI Marseille Provence. Ailleurs on observe aussi le salon Tunismed franchise, impulsé par la dynamique chambre de commerce de Tunis. Il y a beaucoup d'autres initiatives, parfois ce sont des villages franchise au sein de salons de la création d'entreprise comme le salon Créer à Lille.

Succursalistes et franchisés

Il y a donc beaucoup d'enseignes qui se sont développées dans de nombreuses villes mais un très grand nombre sont en succursales et appartiennent à de puissants groupes. Vous savez peut-être que ni Pimckie, ni Jennyfer, etc... par exemple, ne se développent en franchise (en France en tout cas et à part quelques exceptions venues du passé ou de certaines alliances. C'est différent parfois à l'export où la franchise est utilisée pour les connaissances et l'implantation locale du partenaire franchisé ou master-franchisé) car ce sont des succursalistes. Voilà donc un segment complet du marché où un indépendant isolé a moins de chances d'être compétitif. Certes, ces indépendants isolés existent encore mais déjà plus dans les rues N° 1 des grandes villes)

Dans ces métiers, on se demande bien comment les indépendants font sans franchise ou sans commission affiliation pour concurrencer les bons succursalistes, sauf à abandonner un grand nombre de marchés de masse sur lesquels il faut se grouper pour bien acheter, bien faire évoluer son savoir-faire, bien communiquer, etc... La réponse est souvent dans la différence, dans l'originalité, dans le talent commercial et relationnel du commerçant, dans son réseau local.... Ce sont des réalités mais pas assez puissantes pour les meilleures rues des meilleures villes. D'ailleurs bien des commerçants multi-marques du passé se sont transformés en pluri-franchisés ou multi-franchisés. Ils sont passés de plusieurs marques dans une boutique à plusieurs boutiques mono-marques et ce avec succès.

Ceci dit, il est bien entendu souhaitable que les indépendants isolés, je veux dire non regroupés en réseaux à enseigne commune continuent à vivre car la diversité est un plus pour le commerce. Mais il faudra souvent que ces indépendants apprennent à coopérer ensemble, même sans enseigne commune. Comment ? Les groupements coopératifs sont une des solutions; certains permettent de centraliser à la carte, qui l'informatique, qui les achats, qui la pub.....  Les CCI et les organisations comme Terre de Commerce à Marseille apportent d'autres aides utiles.

Mais on attend aussi des modèles de franchises au marketing et à la logistique plus flexibles. Il existe déjà des franchises multi-marques et on pourrait bientôt voir apparaître des franchises plus adaptées au commerce de proximité, aux petites villes, aux quartiers, aux villages. Ces franchises existent déjà, presque, dans l'alimentaire avec par exemple les supermarchés de proximité du groupe Casino qui décline selon les besoins les enseignes Spar, Vival, Casino shop... On pourrait aller plus loin dans l'équipement de la personne entre autres et voir apparaître des réseaux de franchise que l'on pourrait qualifier à "enseigne locale avec label national", j'entends par là des franchises portant deux noms, un nom d'enseigne local comme "Paul couture" ou "Royan fashionista" et une mention "franchisé Framoda". Ces futurs franchises offriront comme certaines coopératives, des adhésions à la carte avec des assortiments plus flexibles en fonction des besoins locaux et peut-être plus personnalisables en fonction de la personnalité du commerçant. De toutes façons si la franchise en le fait pas, les coopératives le feront car elles reprennent sérieusement des couleurs.

Jean Samper
Fondateur de ac-franchise.com, ouvrir-commerce-associe.com et franchisebusinessclub.com 

* Après l'avoir lancé, la CCIMP a sous-traité l'organisation du salon à Reed Expo appuyé par le parrainage de la fff mais en demeure propriétaire et ardent promoteur.


Note : AC Franchise collabore avec la franchise, le commerce en réseau en général dont le commerce associé, nouvelle appellation utilisée pour les coopératives et les groupements. Nous voulons aider la création et le développement  de ces franchises et coopératives modernes et adaptées au commerce local des petites villes et des quartiers par leur souplesse et leur flexibilité.


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Informations clés

  • Crée le: 04/07/16 07:48

Les franchises qui recrutent