Pour investir, les petites entreprises privilégient l’autofinancement

Une étude a été réalisée par l'Institut Supérieur des Métiers en partenariat avec la Direction générale de la compétitive, de l'industrie et des services auprès d'un échantillon représentatif de 1400 entreprises artisanales de moins de 20 salariés et de plus de trois ans. Elle montre qu’ en 2013, 72% des entreprises artisanales ont maintenu une situation financière plutôt saine, mais que les investissements sont en retrait - 30% des chefs d'entreprises déclarent avoir reporté des projets d’investissement-.

Un recours à l’autofinancement pour plus d’un quart des entreprises

42% d'entreprises ont investi entre juillet 2012 et 2013 et l'autofinancement a été l’option choisie par 27% d'entre elles. Ce choix de l'autofinancement et un comportement méfiant vis-à-vis des banques s'expliquent par plusieurs facteurs : une réticence des chefs d'entreprises artisanales face à l'endettement, des investissements peu anticipés, sur des montants peu élevés mais répétés, pour lesquels l'introduction d'une demande de prêt sera jugée trop longue, compliquée ; voire la crainte, pour les entreprises les plus en difficulté, d'un refus ou de demandes de garanties. Le recours au prêt bancaire n'a concerné que 19% des entreprises même si le taux de refus est resté faible (8% des demandes de prêts ont essuyé un refus complet, 3% un refus partiel).
Pour les besoins de trésorerie, l'étude met également en lumière une mobilisation systématique au découvert bancaire (par un tiers des entreprises) plutôt qu'au prêt bancaire court terme qui n'a concerné que 3% des entreprises.

la crise économique et financière de 2008/2009 a fragilisé les entreprises artisanales.....

Les entreprises de plus de trois ans sont fragilisées par deux tendances  : une baisse d’activité (qui touche 34 % des entreprises, alors que 41 % ont une activité stable) et une érosion de la rentabilité due à un resserrement des marges (enregistrée par 32 % d’entreprises).
L’étude montre clairement la tension sur les investissements. En effet, 30 % des entreprises déclarent avoir reporté des projets d’investissement. Outre la problématique des capacités d’autofinancement, deux facteurs freinent ces investissements : le manque de visibilité sur les marchés d’une part ; un grand nombre d’entreprises sont d’autre part en « suréquipement », consécutivement aux années d’expansion enregistrées entre 2004 et 2007 (par exemple dans le bâtiment)

....Mais une majorité d’entreprises a préservé sa situation financière

En dépit d’un contexte préoccupant, 72 % des dirigeants considèrent la situation financière de leur entreprise plutôt saine, 28 % l’estiment préoccupante ou très préoccupante.
A noter que le recours aux prêts bancaires est opéré souvent en dernier recours et  seules un quart des entreprises font appel systématiquement à l’emprunt bancaire pour financer leurs investissements.

Cette attitude et la préférence donnée à l’autofinancement s’expliquent par  la présence, dans certains cas, d’une trésorerie abondante, la faible culture financière des dirigeants (appréciation erronée du coût de la dette, sous-estimation de la capacité réelle d’endettement), l’anticipation ou la crainte d’une réponse négative de la banque ou de demandes de garantie.

Les freins au développement des entreprises artisanales ne s’expliquent donc pas par un rationnement des financements bancaires, mais plutôt par un manque de relations (et d’informations) entre les besoins des entreprises et l’offre de financements.
Même si les relations avec la banque sont déclarées sans problème (80 % des cas) cette dernière reste incontournable pour la vie de l’entreprise mais encore souvent perçue comme un « tribunal censeur » par les dirigeants artisans. La gestion de l’entreprise étant plutôt axée sur le pilotage de la trésorerie.


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