Le financement des créateurs d'entreprise que les banques excluent

En France des Associations ont opté pour ce type de financement pour aider chômeurs et R Mistes à créer leur entreprise, le banques commencent aussi à s'y intéresser.

Ce mode de financement est né en Asie dans les années 70, à partir d'une idée simple : accorder des crédits aux exclus du système bancaire. Il s'agit de permettre à chacun de créer son activité économique et donc son emploi. Trente ans plus tard la " banque des pauvres ", créée par Mohammed Yunus, économiste bangladais, a fait des petits puisque 7000 établissements équivalents se sont créés dans le monde, en Asie, Afrique et Amérique Latine.

En France ces établissements fonctionnent essentiellement grâce aux subventions publiques et privées et ont pour clientèle des chômeurs et R Mistes à hauteur de 75 %. Bien que le premier investissement soit modeste, les banques rejettent encore le porteur de projet qui n'offre pas de garantie suffisante. Arguant sur le fait que la modestie des sommes empruntées ne peut laisser espérer des marges suffisantes... Selon l'adage " on ne prête qu'aux riches ". Les mentalités commencent cependant à évoluer. Les banques mutualistes (Crédit Mutuel, Banque Populaire, Caisse d'Epargne...) financent désormais des fonds qui permettent aux structures de micro-crédit d'attribuer des prêts. Par ailleurs la banque commerciale BNP - Paribas a signé récemment un partenariat avec l'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique)...

Les milieux bancaires ont pris conscience en effet que les résultats des bénéficiaires du micro-crédit sont intéressants. Ainsi à l'Adie le taux de remboursement des prêts est de l'ordre de 95 % et la pérennité des entreprises financées de cette manière est supérieure à celle de la moyenne nationale, soit 54 % pour les entreprises individuelles. Sans doute faut-il prendre en compte le fait qu'un accompagnement est offert au bénéficiaire de micro-crédit.

Aujourd'hui en France les besoins restent importants, de l'ordre de 300 000 demandes pour 10 000 micro-crédits accordés... C'est pourquoi le gouvernement a annoncé le lancement d'un fonds de cohésion sociale, doté de 73 millions d'euros sur cinq ans. Cela pose bien sûr le problème de la gestion des dossiers pour les associations telles que l'Adie ou France Active, cette dernière pose nettement la question car rien n'étant prévu pour étoffer leur fonctionnement ni les équipes chargées d'expertiser ces dossiers . On imagine que les collectivités locales seront sollicitées puisque le champ de leurs prérogatives a été élargi mais il sera également judicieux de faire appel au mécénat privé, comme cela s'est passé pour l'Adie. Notons que la plupart des associations qui accordent des micro-crédits sont regroupées en collectif dénommé Finansol.

Dominique Deslandes


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  • Crée le: 25/12/06 01:00

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